Se chauffer cet hiver en Belgique : le gaz a doublé en un an, le mazout aussi
74 € le mégawattheure contre 32 € il y a un an, un mazout passé de 0,77 € à 1,44 € le litre : ce que ces chiffres signifient réellement sur votre facture, et les leviers qui restent avant la saison de chauffe.

L'été se termine, et la facture de chauffage qui s'annonce ne ressemble pas à celle de l'an dernier. Sur le marché de gros, le gaz a atteint dans la nuit du 2 au 3 septembre son plus haut niveau depuis 2023. Le mazout, lui, a presque doublé en douze mois.
Voici les chiffres, ce qu'ils signifient réellement pour votre facture, et les rares leviers qui restent.
Le gaz a plus que doublé en un an
Le repère est brutal : 74 € le mégawattheure sur le marché de gros, contre 32 € le 2 septembre 2025. Plus du double en un an. La flambée fait suite aux nouvelles frappes américaines en Iran, qui ont ravivé les craintes sur l'approvisionnement mondial.
Une précision indispensable, que peu de reprises font. Le prix de gros n'est pas votre prix. Ce que vous payez comprend aussi le transport, la distribution, les taxes et la marge du fournisseur. Le gros ne représente donc qu'une part de votre facture — la hausse s'y répercute partiellement et avec du retard, selon le type de contrat que vous avez signé.
Cette nuance change tout dans la lecture :
- Contrat à prix fixe en cours : vous êtes protégé jusqu'à l'échéance. Notez la date, c'est elle qui compte.
- Contrat à prix variable : la hausse arrive, indexation après indexation, avec quelques semaines à quelques mois de décalage.
- Contrat arrivant à échéance cet automne : c'est la situation la plus délicate. Vous allez renégocier au pire moment du cycle.
Le mazout : l'addition la plus visible
Là, aucun mécanisme d'amortissement : le prix affiché est le prix payé.
| Septembre 2025 | Septembre 2026 | |
|---|---|---|
| Prix au litre | 0,77 € | ~1,44 € |
| Cuve de 1 000 litres | 770 € | 1 440 € |
| Cuve de 2 000 litres | 1 540 € | 2 880 € |
Pour un ménage qui remplit une cuve de 2 000 litres avant l'hiver, cela représente environ 1 340 € de plus que l'an dernier, en une seule commande.
C'est aussi le poste où le calendrier d'achat pèse le plus lourd : le mazout s'achète par gros volumes, à une date choisie. Surveiller les cours sur quelques semaines et commander hors des pics de demande — typiquement en dehors des premiers grands froids — reste le seul levier réel.
L'électricité suit le gaz
Le prix hivernal de l'électricité est fortement corrélé à celui du gaz, parce que ce sont les centrales au gaz qui fixent le prix aux heures de pointe. Une hausse du gaz se propage donc mécaniquement à l'électricité, même pour un logement qui ne brûle pas un mètre cube.
Autrement dit : chauffage électrique ou non, la hausse vous concerne.
Le pellet : l'alternative qui monte parce qu'on s'y reporte
Le raisonnement paraît évident — quitter le gaz et le mazout pour le granulé de bois. Le problème est que tout le monde y pense en même temps.
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Le marché du pellet est petit et dépend, très concrètement, du bois disponible : ces quantités ne sont pas extensibles à volonté. Quand le gaz et le mazout grimpent, une partie des ménages bascule, et la demande supplémentaire fait monter le pellet à son tour. Le report d'énergie ne crée pas de capacité.
Le pellet reste souvent avantageux, mais il ne faut pas compter sur un prix stable : il suit, avec un décalage, le mouvement des autres.
Et le charbon ?
Damien Ernst, professeur en électromécanique à l'Université de Liège, note que le charbon reste économiquement intéressant dans le contexte actuel : il est encore bon marché.
Il assortit immédiatement ce constat d'une réserve, qu'il faut reprendre telle quelle : un poêle au charbon reste très polluant. Aux émissions globales s'ajoutent la qualité de l'air à l'intérieur du logement et celle du voisinage immédiat. Certaines communes encadrent par ailleurs les foyers à combustible solide lors des pics de pollution. C'est une option qui existe, pas une option que l'on recommande.
Les trois leviers qui vous appartiennent encore
Quand le prix échappe à votre contrôle, il reste la quantité — et le contrat.
1. Vérifiez le type et l'échéance de votre contrat. C'est le geste le plus rentable de l'automne, et il prend dix minutes. Beaucoup de ménages ignorent s'ils sont en fixe ou en variable, et découvrent l'échéance après la bascule automatique.
2. Faites entretenir votre installation avant les premiers froids. Une chaudière mal réglée consomme davantage pour le même confort, et l'entretien se réserve difficilement en pleine saison.
3. Baissez ce qui ne se voit pas. Purger les radiateurs, ne pas chauffer les pièces inoccupées, viser 19 °C dans les pièces de vie, couper le chauffage dans les chambres la nuit : ces gestes portent sur la consommation, seule variable qui reste de votre côté.
Faites le point avant l'hiver
Mon Assistant Perso compare les offres d'énergie disponibles en Belgique sur votre consommation réelle, vérifie le type de contrat que vous détenez et vous dit ce que coûterait le fait de ne rien changer.
Consultez notre page énergie et gaz, ou prenez rendez-vous avec un conseiller pour faire le point avant la saison de chauffe.
À lire également : Changer de fournisseur d'énergie en Belgique · Comment purger un radiateur
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Sources : cours du gaz sur le marché de gros au 3 septembre 2026, prix relevés du mazout de chauffage, déclarations de Damien Ernst (Université de Liège). Article publié le 6 septembre 2026.
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